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Motion de soutien de l’équipe ESCOL au mouvement collégien, lycéen et étudiant

« Pour que la réussite scolaire et universitaire ne soit plus un délit d’initié »

Réunie en assemblée générale le 9 octobre 2026, l’équipe de recherche ESCOL soutient le mouvement des collégien·nes, lycéen·nes et étudiant·es qui se mobilisent pour défendre des conditions d’études décentes, leur droit à la poursuite des études et plus généralement l’avenir de l’école publique.

Ils dénoncent en particulier :

– la dégradation des conditions d’enseignement (classes surchargées, 3 à 4 élèves en plus par rapport à la moyenne de l’OCDE, non-remplacement des enseignants absents et manque de personnels médico-sociaux et d’orientation) ;

– l’organisation des enseignements et les conséquences de la réforme Blanquer du baccalauréat sur les emplois du temps, le rythme scolaire, sur l’orientation et la santé mentale des jeunes ;

– la ségrégation croissante entre les filières et les établissements et les traitements différenciés dont ces filières et établissements sont l’objet ;

– les dispositifs institutionnels de sélection et de mise en concurrence entre élèves qui se sont trouvés renforcés par Parcoursup et les réformes de tous les baccalauréats ;

– l’illusion d’une démocratisation sans moyens supplémentaires : une démocratisation de l’enseignement scolaire ne peut se concevoir dans une logique de restriction budgétaire et de pilotage par les chiffres.

En tant qu’enseignant·es et chercheur·euses en éducation, spécialisé·es dans l’étude des processus de production des inégalités scolaires et sociales, nous reconnaissons l’importance et la justesse des revendications portées par les élèves et les étudiants.

Ces revendications correspondent aux résultats de nos travaux scientifiques qui, depuis des années déjà, ont mis en évidence le caractère inégalitaire et discriminatoire du système éducatif. La décrédibilisation de ces revendications par le gouvernement relève ainsi d’un déni de réalité et d’une cécité institutionnelle.

Nous dénonçons à la fois le traitement réservé aux manifestants, le caractère totalement disproportionné et inouï de la répression policière mise en œuvre par le gouvernement qui prend pour cible des enfants, allant jusqu’à provoquer des mutilations irréparables, et le déplacement du débat sur les « violences » des manifestants, qui constitue une autre forme de violence et de mépris à l’endroit de la jeunesse.

Nous appelons ainsi à ce que les revendications des élèves soient prises au sérieux et entendues.

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